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La musique médiévale est une musique couvrant à peu près 800 ans de l’histoire religieuse et profane, que l’on fait commencer avec les premières musiques chrétiennes d’avant la réforme grégorienne, jusqu’aux musiques du XVe siècle marquées par l’émergence de l’école franco-flamande avant l’invention de l’imprimerie.

La musique médiévale est représentée principalement par des compositions vocales, religieuses ou profanes, marquée dans les premiers siècles par la monodie, notamment représenté par le plain-chant religieux et dans le domaine profane par la lyrique courtoise des troubadours et les trouvères.

Le Plain-chant
Le plain-chant est un genre musical sacré. Dans la musique occidentale médiévale, le plain-chant est :

- un chant, donc une musique vocale,
- a cappella c’est-à-dire sans accompagnement instrumental,
- monodique, c’est-à-dire à une seule voix, non polyphonique,
- modal, c’est-à-dire que chaque pièce est sans modulation harmonique et s’inscrit dans - un cadre modal (ou mode) fixe,
- et qui suit une rythmique verbale, c’est-à-dire sans division ni mesure.

Le terme est l’équivalent français du latin Cantus Planus. Ici, le terme plain (à ne pas écrire « plein ») est de la même famille que plaine, et désigne quelque chose qui n’a pas de rupture, d’accident ou d’altération (« planus » a donné l’anglais « plain », voir Plainsong).

Le plain-chant est un type de musique vocale traditionnel, apparaissant généralement dans un contexte religieux. Ce style musical est ancien et répandu. Il n’est pas propre aux rites catholiques, mais on en trouve également des exemples dans les cantillations et les pièces de rites hébreux, musulmans ou bouddhistes. Bien que les termes soient souvent pris l’un pour l’autre, il convient de distinguer le plain chant (un style musical) du chant grégorien (un répertoire liturgique modifé dans ce style après la Renaissance).

Chant grégorien
Le chant grégorien est le chant liturgique officiel de l’Église catholique d’après le rite romain. Issu d’anciens chants romains, originalement chant messin et chant vieux-romain, il reste pratiqué continuellement auprès des églises paroissiales ainsi que des établissements religieux, fréquemment selon les cérémonies plus solennelles de la liturgie de la forme tridentine du rite romain.

Le chant grégorien est un chant sacré anonyme, habituellement interprété par un chœure 1 ou par un soliste appelé chantre. Il est destiné à soutenir le texte liturgique en latin.

Il doit se chanter a cappella, c’est-à-dire, sans accompagnement harmonisé instrumental, car toute harmonisation, même discrète, modifie la structure de cette musique. S’il n’existe aucun manuscrit ancien et accompagné, de nos jours, l’assistance simple et humble de l’orgue est néanmoins autorisée, soit pour les établissements de petite taille, soit en faveur de la solennité de célébration.

Il s’agit d’un chant homophone, plus précisément chant monodique qui ne peut supporter aucune adjonction de sons étrangers à sa ligne mélodiquew 1 : toutes les voix qui l’exécutent chantent donc « à l’unisson »n 1.

Du point de vue du système mélodique, le chant grégorien est de type modal et diatonique. Les chromatismes en sont généralement exclus, ainsi que les modulations et l’emploi de la sensible. Les différentes échelles utilisées, avec leurs degrés et leurs modes, sont appelées modes ecclésiastiques, ou échelles modales, ou modes anciens par opposition aux échelles utilisées postérieurement en musique classique tonale.

C’est une musique exclusivement récitative, qui prend son origine dans le texte sacré, et qui favorise l’intériorisation et la conscience des paroles chantéesw. Ses formes musicales sont très variéesw 2, par opposition à la cadence régulière de la musique issue de la Renaissance. Tout comme ceux que le pape Pie X qualifia, le texte est premier. La musique, secondaire, l’orne, l’interprète et en facilite l’assimilationw.

Dans ce chant, le rythme vient donc du texte latin, principalement de l’accentuation des motsw 1. Même le mélisme est étroitement lié au texteii 1. Si le jubilus, mélisme distingué, est une seule exception, celui-ci est correctement attribué à la dernière syllabe ia, diminutif de Yahvé.

Il s’agit d’une synthèse des anciennes traditions européennes, par exemple, les poésies très fleuries en vieux-latin ainsi que les chants romano-franc, synagogal, byzantin. Il est également le fondateur de toute la musique occidentale, tant religieuse que profane.

plain chant

Estampie
L’estampie est une danse médiévale, attestée dès le XIIe siècle. L’étymologie du terme est contestée et plusieurs pistes sont ouvertes, dont stampen en germanique (frapper du pied ou piler dans un mortier) et stampir en provençal (battre du pied).

Motet
Un motet (diminutif de « mot ») est une composition musicale apparue au XIIIe siècle, à une ou plusieurs voix, avec ou sans accompagnement musical, courte et écrite à partir d’un texte religieux ou profane.

Organum
Dans la musique occidentale médiévale, l’organum est un genre musical à la fois vocal et sacré, destiné à mettre en valeur l’interprétation d’un passage de plain-chant pré-existant par l’adjonction d’une ou plusieurs voix.

Le terme désigne également le procédé d’écriture associé à ce genre musical. Généralement considéré comme le stade le plus primitif de la polyphonie — les premières traces écrites remontent au IXe siècle, dans le célèbre traité Musica Enchiriadis — l’organum s’est surtout généralisé aux XIe siècle et XIIe siècle.

Saltarello
Le saltarello (en français la saltarelle) est une danse joyeuse et vivante dont les origines remontent au saltatio des Latins. Elle s’est développée à partir du XIIIe siècle dans l’Italie centrale. Toujours populaire, sa musique est actuellement jouée de partout à travers le monde.

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