Qu’il est difficile de se dévoiler !

Il faut bien, ceci-dit, savoir qui écrit ces pages, il paraît que cela se fait.

Je ne vais pas remonter à la nuit des temps mais vers l’âge de 8 ans où mon père m’inscrivit au sein de cours de solfège pour passer les après-midis du jeudi. Et oui à l‘époque, on n’avait pas cours le jeudi.

En fait, j’y ai trouvé très vite du plaisir. Il faut dire que j’étais un enfant assez méthodique déjà.

Occupation oblige il fallut choisir un instrument puisque mon cher papa voulait à tout prix que ses 5 garçons fassent de la musique, lui même étant « piètre musicien » mais connaissait par cœur les grands airs d’opéras italiens et chantant des duos napolitains avec ma maman et à 2 voix !!!

Me voici donc inscrit à l ‘école de Champigny sur Marne en cours de clarinette et solfège.

Il fallait s‘accrocher car j’avais devant moi mes grands frères et un spécialement doué, avec une oreille à faire pâlir les éléphants d ‘Afrique.

3 ans de clarinette avec tout ce que cela implique de bave sur le parquet de ma très chère maman.

Ha… ce fameux frère aux oreilles parfaites, je ne pourrai jamais assez le remercier. Il me prit souvent sur ses genoux m’expliquant le fonctionnement des gammes et autres devoirs d’harmonie sur lesquels je ne comprenais rien, alors rien du tout !

Jouant déjà dans un orchestre, il me conseilla de changer d’instrument et faire du saxophone ce que je fis sans broncher évidement ayant une entière confiance en lui.

Mais il n’était pas le seul à me proposer des choses nouvelles. 4 frères faisant de la musique, il fallait bien que je tombe sur un qui avait besoin de moi. Et ce fut parti avec celui qui passait des heures sur sa guitare à repiquer à la note près tous les chorus de Django Reinhardt. Il fallait bien quelqu’un qui l’accompagne, non ?

Alors me voilà parti à l’assaut de cette guitare sèche et mes doigts presque en sang à essayer de faire des barrés. Mais ça me plaisait en fait !

Comme je suis d’un tempérament téméraire, je décidais de combattre le piano familial. « Au clair de la lune » ne me suffisait pas. Il fallait que mes doigts parcourent entièrement le clavier. A l’école de musique, on apprit les gammes sur le saxophone et en solfège, alors ce piano allait m’aider.

A l’école j’avoue que je faisais le beau avec mes 4 accords et quelques accompagnements de blues. En classe de 3ème il fallut choisir une orientation. Quoi de plus naturel que le métier de musicien ? Me voici à Rouen avec mon cher père pour l’inscription.

Hooo… quelle surprise de trouver un pensionnat digne des films en noir et blanc des années 50. Même mon papa a très vite vu que je n’y resterai pas très longtemps. Nous voici de retour à la maison mais sans pour autant oublier que mon père avait décidé que si ce n’était pas le pensionnat, ce serait le conservatoire à temps complet !

Saint Maur des Fossés où était inscrit les « oreilles d’éléphants » !!!!

Quel honneur. Mais quelle épreuve aussi car son oreille absolue à l’époque avait fait le tour du conservatoire et le directeur comptait sur moi pour que dans son établissement il y ait encore des oreilles parfaites.

Me voilà inscrit dans ce grand conservatoire en classe de saxophone et solfège.

13 ans durant à parcourir toutes les salles, en y croisant Manu Katché où plus tard nous avons joué pour des anniversaires, ou encore les frères Guillard qui plus tard ont rejoint eux-aussi des « vedettes ».

École normale de musique de Paris, Schola Cantorum, CIM (école de jazz de Paris) il fallait que j’apprenne toutes sortes de choses.

1er prix d excellence à Saint Maur, diplôme d’enseignement, 1er prix de musique de chambre.

Me voilà - diplôme en poche – enrôlé dans la musique de troupes de marine de Rueil Malmaison là où se croisaient la plupart des musiciens professionnels sur Paris. Quelle aubaine de jouer avec des musiciens connus qu’on voyait à la télé. Un certain Michel Delakian - inconnu à l’époque - y fit son apparition et durant 2 années nous avons cohabité.

Me voici donc entré dans le monde du spectacle.

Tournées diverses avec quelques « vedettes » de l’époque.
Cabarets parisiens, casinos, studios ou mon frère arrangeur me donna l’occasion de travailler avec Kako Bessot et Alex Perdigon.
Big band de Claude Bolling, Roger Guerrin, Jeff Gilson, Claude Cagnasso.
Stages avec Ivan Julien - arrangeur, Jeff Gilson, Roger Guerin.

18 années d’enseignement et de show-business m’ont permis d’avoir une ouverture d’esprit musicale et de pouvoir concilier jazz et classique, ce qui est tout à fait possible avec de la rigueur.

Je décide de m’installer dans la drome à Montélimar, gourmand peut être ?

Je fais vite connaissance avec les musiciens et orchestres de la région ou je rejoins un quartet de jazz.

1° prix de jazz (festival de jazz de Crest).

Monsieur Gilles Pellegrini me demande de lui faire des arrangements pour son pupitre de cuivres. Dois-je refuser ?

J’intègre des formations diverses : orchestre XL , la compagnie française du soleil et participe aux arrangements de plusieurs formations.

Aujourd’hui ce site me permet de transmettre ce que l’on m’a donné, en technique, et en connaissances théoriques.

J’aborde les domaines rébarbatifs comme la lecture de notes ou l’ear training en essayant que l’élève ne retrouve pas l’esprit « école de musique ». Pour certains, c’est une retenue, et avec les outils modernes je suis persuadé que l’on peut prendre du plaisir à « travailler ».

Dernière chose :

Une seule personne m’a fait être le musicien que je suis aujourd’hui. Il a été mon mentor, reconnu par le métier :

« Oreilles d’éléphants » de son prénom Pascal avec tout mon respect.

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